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12 avril 2010

RTL: "Juppé serait un meilleur candidat que Sarkozy pour 2012" par A.Lambert,Sénateur UMP

RTL info - Alain Lambert sur RTL le 12 avril 2010

Le sénateur UMP de l'Orne répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie

Le sénateur UMP Alain Lambert dit sa préférence pour le maire de Bordeaux. Car concernant Nicolas Sarkozy, les Français "ont découvert un président différent de celui qu'ils avaient choisi".

PREAMBULE:

Le sénateur UMP de l'Orne répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Alain Lambert a répété que Nicolas Sarkozy n'était actuellement "pas le meilleur" candidat de son parti pour la Présidentielle de 2012 et que l'ex-Premier ministre (UMP) Alain Juppé serait "meilleur" que lui. "Je pense les gens en votant pour lui ont choisi le président du peuple, ils ont eu à un moment donné le sentiment d'avoir un président people. Il faut qu'il revienne par la porte de l'humilité, par la porte de la simplicité, par la porte de l'écoute", a-t-il souligné.

Alain Juppé avec Nicolas Sarkozy (Sipa)

Alain Juppé avec Nicolas Sarkozy (Sipa)

Alain Lambert a fait son choix : pour lui, c'est Alain Juppé qui porterait le mieux les couleurs de la droite à la présidentielle de 2012. Le sénateur UMP a déclaré lundi 12 avril, sur RTL, que Nicolas Sarkozy n'était actuellement "pas le meilleur" candidat.

"A ce jour, il (Nicolas Sarkozy) n'est pas le meilleur, il peut le redevenir, ça ne dépend que de lui (...) aujourd'hui probablement, Alain Juppé serait meilleur", estime Alain Lambert.

"Un président people"

Selon Alain Lambert, Nicolas Sarkozy doit changer. "Il faut dire à une personne qu'on aime, qu'on respecte, qu'on a toujours soutenu dans mon cas s'agissant de Nicolas Sarkozy, il faut faire autrement", précise l'ex-ministre du Budget.

"Il a été choisi par les Français grâce à l'énergie formidable dont il a fait preuve et qu'il a toujours en lui-même. Et au lendemain, ils ont découvert un président différent de celui qu'ils avaient choisi", insiste-t-il. "Je pense les gens en votant pour lui ont choisi le président du peuple, ils ont eu à un moment donné le sentiment d'avoir un président people. Il faut qu'il revienne par la porte de l'humilité, par la porte de la simplicité, par la porte de l'écoute", souligne Alain Lambert.

Le sénateur pointe les ratés récents de l'exécutif, qui ont donné un "sentiment d'improvisation": la taxe carbone, le "débat ésotérique sur l'identité nationale" notamment. Mais il estime pour autant que son bilan n'est "pas catastrophique". "C'est plus une affaire de comportement et aussi une affaire de respect des institutions".

Sur le même sujet

(Nouvelobs.com)

L'INTERVIEW:

Michel Aphatie

Michel Aphatie : Bonjour, Alain Lambert.

Alain Lambert : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous avez sensation, il y a dix jours en publiant sur le site PublicSenat.fr, une "analyse lucide" - c'est vous qui la qualifiez ainsi - du résultat des élections régionales. A vous lire, les électeurs de l'UMP ont été déboussolés, méprisés, priés d'applaudir à des décisions aussi discutables que les taxes nouvelles, ou l'ouverture à gauche débridée. Vous dénoncez un comportement désinvolte, irrespectueux, selon vous, du président de la République. Et vous ajoutez : aujourd'hui, selon moi, Nicolas Sarkozy n'est pas en situation de faire gagner nos idées en 2012. Quelles réactions avez-vous enregistré Alain Lambert, à cette critique violente du président de la République ?

Les deux. Il y a des gens qui se sont retrouvés dans ce point de vue. Il y en a d'autres qui l'ont trouvé sévère. C'est dans la nature des choses.

Le président de la République s'est-il manifesté auprès de vous ?

Non pas encore. Mais il est très occupé. Mais vous savez, quel est votre meilleur ami : celui qui vous dit la vérité ou celui qui vous flatte au risque de vous tromper ?

Mais celui qui vous dit la vérité, et qui adresse des critiques aussi fortes, est aussi quelqu'un qui vous affaiblit politiquement.

Non, pas du tout. Vous savez lorsque vous êtes sur la route et que vous recevez un appel de phares de celui qui est en face de vous, ce n'est pas pour vous gêner qu'il vous l'envoie, c'est au contraire pour vous prévenir d'un risque. Je fais la même chose.

Quel est ce risque ?

Le risque c'est que les électeurs ne comprennent plus le président de la République - pour les motifs que j'indiquais tout à l'heure. En revanche, je pense qu'il a une capacité de rebondissement qui est réelle. Encore faut il la mobiliser. Encore faut il qu'il puisse s'entourer, écouter des gens qui peuvent l'aider à comprendre la relation qu'il a avec les Français. Il a été choisi par les Français grâce à l'énergie formidable dont il a fait preuve, et qu'il a toujours en lui même. Et au lendemain, ils ont découvert un président différent de celui qu'ils avaient choisi. Il faut qu'il redevienne celui qu'il était.

Qu'est ce qui a changé chez lui ? "Il faut qu'il redevienne ce qu'il a été"... Qu'est-ce qui a changé chez lui ?

Je pense que les gens en votant pour lui, ont choisi le président du peuple. Ils ont eu à un moment donné le sentiment d'avoir un "président people". Et donc il faut revenir, il faut qu'il revienne par la porte de l'humilité.

Ca n'est pas que ça le résultat des élections...

Il faut qu'il revienne par la porte de l'humilité, par la porte de la simplicité, par la porte de l'écoute pour comprendre les gens modestes qui ont parfois des difficultés : les agriculteurs, les gens qui ont une petite retraite, les gens qui ont des difficultés. Et puis, ils ont impressions des gens qui ont des rémunérations mirobolantes, les gens du show bizz etc.. qui sont plus écoutés, qui sont plus proches. Donc, il faut rétablir un équilibre. Une nation c'est ça. C'est en effet des gens qui sont connus du monde entier, et puis ce sont des gens, des petites fourmis qui travaillent au jour le jour pour le bien de la nation. Donc il faut que le président soient à l'écoute des deux.

Vous avez dit, dans une interview à "Ouest France" qui a succédé à votre billet : "La cour qui entoure Nicolas Sarkozy l'éloigne de la réalité quotidienne des Français". Coupé aujourd'hui de la population...

Ce qui a fait la force de Nicolas Sarkozy, ça a été sa capacité d'aller à la rencontre des gens. Et aujourd'hui, il est difficile, probablement pour beaucoup de gens, de pouvoir lui émettre des messages, comme ils le pouvaient précédemment. Mais en même temps, le bilan n'est pas catastrophique, il y a des choses qui ont été faites.

Votre façon de dire "le bilan n'est pas catastrophique", c'est une autre façon de dire "il est pas terrible" ?

Ecoutez, on va prendre des exemples : la présidence de l'Union européenne. C'était quand même très réussi. La réponse à la crise, c'est très réussi.

Qu'est ce qui n'est pas réussi ?

La réforme... Et bien, je vous disais, c'est plus une affaire de comportement...

Uniquement ?... Pas de politique, pas de choix politique ?

Une affaire de respect des institutions. Dans les institutions de la Vème République, c'est le président de la République qui préside et qui est d'ailleurs le gardien de la Constitution. Et puis la détermination et la conduite de la politique revient au gouvernement. Et c'est le premier ministre qui est le chef du gouvernement. Ca, ce sont les articles de la Constitution qui le prévoient. Je pense que si nous revenions à cette pratique, le président de la République serait moins exposé, et probablement ne serait-il pas lui même victime des aléas du quotidien de la vie d'une nation.

Ca, c'est le conseil Alain Lambert que vous donnez au président de la République. Alain Juppé a fait publier samedi une interview dans "Le Monde" qui a eu un certain écho, et Alain Juppé dit ceci : "Une partie du désamour est incontestablement liée au style." Donc, on comprend Alain Lambert que vous partagez ce jugement, mais le style, c'est l'homme, dit-on.

Pas seulement. Je crois que la fébrilité, par exemple, que les conseillers en communications peuvent vous conseiller quand vous êtes en responsabilité, est un mauvais conseil. Je crois que le président de la République a une énergie qu'il n'a pas besoin de démontrer. Elle était tellement évidente. Elle est éclatante. Au contraire, je pense qu'il faut qu'il démontre qu'il a de la densité. Qu'il a de la tranquillité. Qu'il est capable de prendre la décision la plus appropriée après avoir écouté tous ceux qui ont un avis solide sur le sujet.

Sur le comportement, je crois qu'il y a eu un sentiment d'improvisation. Prenez le cas de la taxe professionnelle. C'est le Parlement qui a dû la réécrire. La taxe carbone, elle a dû être retirée. Les élus locaux ont été inutilement stigmatisés, à cause d'ailleurs de la Haute Administration qui le lui a suggéré. Le débat ésotérique sur l'identité nationale, était il nécessaire de le faire ? Je crois que tout cela, ce sont des accumulations...

Le bouclier fiscal, on peut y venir, c'est plus technique. J'y suis prêt...

On n'aura pas le temps...

Je crois vraiment que ce n'est pas Nicolas Sarkozy. Moi, je pense que le Nicolas Sarkozy qui a séduit les Français en 2007 doit se retrouver, et il y a des gens qui sont prêts à l'aider à se retrouver.

Alain Juppé dit dans "Le Monde" : "Je n'ai jamais cru à la rupture.." Vous avez cru, vous, à la rupture Alain Lambert ?

Je ne crois jamais aux mots négatifs.

C'est-à-dire ? La rupture est un mot négatif ?

La rupture est un mot négatif. Je suis convaincu que tous les humains obéissent à deux émotions et deux seules : la peur et l'espoir. Et les Français sont dans la peur. Il faut les emmener dans l'espoir.

Mais la rupture, c'est un motif d'espoir, selon Nicolas Sarkozy.

La rupture, il y a derrière ce mot l'idée qu'on casse quelque chose. Donc, je crois qu'il faut nouer, qu'il faut tisser du lien.

Vous persistez ce matin Alain Lambert, à dire que Nicolas Sarkozy n'est plus un bon candidat pour 2012 et que l'UMP doit trouver un autre candidat.

A ce jour, il n'est pas le meilleur. Il peut le redevenir, ça ne dépend que de lui...

Alain Juppé serait meilleur que lui aujourd'hui ?

Aujourd'hui, probablement Alain Juppé serait meilleur.

Vous allez vous faire gronder, non ? Je ne dis pas que vous avez peur...Je pense que vous allez faire gronder, ça n'est pas la même chose.

Je pense que la politique a besoin de vérités pour retrouver sa crédibilité et sa légitimité. Je pense que la langue de bois, je pense que le non dit sont en train d'étouffer la démocratie et la politique. Et donc, il faut dire les choses franchement. Ca n'est pas une mauvaise manière. C'est dire à une personne qu'on aime, qu'on respecte, qu'on a toujours soutenue, dans mon cas s'agissant de Nicolas Sarkozy, il faut faire autrement.

Certains disent que peut être, votre prise de parole Alain Lambert, est liée en fait à votre déception de ne pas avoir été nommé à la tête de la Cour des Comptes, puisque votre nom était prononcé.

Vous savez que Didier Migaut est un vrai ami. Nous avons construit ensemble une constitution financière. Nous avons même suivi ensemble la chronique de la nomination de la première présidence. Nous avons le même profil. Il est de gauche, je suis de droite. Le président a choisi la gauche, c'est son choix.

Et pas de déception chez vous ?

Non.

Pas de déception. Et donc vous nous direz, si jamais le téléphone sonne et si on vous gronde un petit peu après cette interview ?

A chaque fois que vous m'invitez, je viens....

Alain Lambert prêt à revenir parce qu'à mon avis son téléphone va sonner... Il était l'invité de RTL ce matin.

Cela dit, vous pouvez le mettre en mode silencieux aussi, c'est facile...





Auteur : Jean-Michel Aphatie

Posté par JUPPE2010 à 13:08 - REACTIONS - Commentaires [0] - Permalien [#]
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